Cela ne s’arrête tout simplement jamais.
Ce matin encore, je me suis réveillé avec un nouveau “prix” pour la Belgique. Mon pays semble être le seul endroit où travailler signifie d’abord travailler pour l’État—et seulement ensuite, si quelque chose reste, pour soi-même.
Selon les données de l’OCDE, la pression fiscale sur le travail en Belgique est la plus élevée du monde développé. Pour un travailleur célibataire, 52,5 % du salaire brut part en impôts et cotisations sociales. Plus de la moitié de ce que vous gagnez ne vous parvient jamais réellement.
Et pourtant, en 2025, la Belgique gagne encore.
Juste derrière viennent Allemagne et France—des pays qui ne sont déjà pas réputés pour leur légèreté fiscale. Même eux regardent la Belgique avec un mélange de respect et d’inquiétude.
Ce qui suit relève du surréalisme.
Et à vrai dire, sans cela, la Belgique n’aurait probablement jamais produit René Magritte.
Car ce que nous observons n’est pas simplement un paradoxe—c’est un mystère dont personne ne veut vraiment parler.
Malgré la pression fiscale la plus élevée, la Belgique subit également l’une des plus fortes pressions budgétaires en Europe. Autrement dit : plus l’État prélève, plus il semble manquer d’argent.
Une double première place.
Un chef-d’œuvre statistique.
Le Premier ministre, Bart De Wever, a qualifié cette situation d’immorale.
Et pourtant, elle persiste.
Le Fonds monétaire international appelle depuis des années à réduire la taxation du travail. Rien de radical—simplement l’idée que, pour qu’une économie fonctionne, il faut laisser aux gens une raison de travailler.
En Belgique, cela devient cependant compliqué.
Car le système doit soutenir un appareil public massif, dans un pays qui détient aussi un record discret : l’un des plus grands nombres de parlementaires par habitant au monde.
Et tout cela repose sur une base de plus en plus fragile—un groupe de travailleurs qui ne s’élargit pas, mais se réduit.
Travailler en Belgique commence à ressembler de moins en moins à un emploi et de plus en plus à une expérience philosophique.
Ou peut-être à une forme moderne de servitude fiscale.
Vous travaillez. L’État prend. Vous travaillez davantage. L’État prend davantage. Et quelque part dans ce système parfaitement circulaire, le déficit public continue d’augmenter.
Ce n’est plus une politique économique.
C’est de l’art performatif.
Le timing rend la situation encore plus ironique.
Cette actualité arrive juste après Pessa’h—la célébration de la fin de l’esclavage en Égypte.
Une coïncidence parfaite.
Car ici, personne ne construit de pyramides.
Mais beaucoup ont le sentiment de travailler pour quelque chose qui y ressemble étrangement.
La Belgique reste, une fois de plus, fidèle à elle-même.
Un pays où les paradoxes ne sont pas des erreurs, mais des structures.
Un pays où l’on peut être à la fois :
- Le plus taxé
- Parmi les plus endettés
- Et toujours surpris que le système ne fonctionne pas
Sans ce surréalisme, la Belgique ne serait pas la Belgique.
Mais à ce stade, même René Magritte ajouterait peut-être une légende sous le tableau :
« Ceci n’est pas une économie. »
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